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le tanu-noirpalu de raymond

histoire de la commune de Le Tanu et Noirpalu, département de la Manche

Pierre ALLAIN sauve, du saccage des Chouans, une partie des archives de La Haye-Pesnel

Enseigne de cabaret © Coll. Musée de la Révolution française | Domaine de Vizille , Au nom de la loi ! Cette enseigne intérieure de cabaret, rappelle deux lois de 1792 : le 8 juillet, l’Assemblée législative rend le port de la cocarde obligatoire pour les hommes et le 21 septembre, la Convention ordonne que l’appellation de “monsieur” soit remplacée par celle de “citoyen”. Les cabarets qui, comme les cafés, s’étaient développés au XVIIIe siècle, restèrent très populaires sous la Révolution. Les gardes nationaux venaient y chercher de la distraction et les débats politiques y fleurissaient.

Enseigne de cabaret © Coll. Musée de la Révolution française | Domaine de Vizille , Au nom de la loi ! Cette enseigne intérieure de cabaret, rappelle deux lois de 1792 : le 8 juillet, l’Assemblée législative rend le port de la cocarde obligatoire pour les hommes et le 21 septembre, la Convention ordonne que l’appellation de “monsieur” soit remplacée par celle de “citoyen”. Les cabarets qui, comme les cafés, s’étaient développés au XVIIIe siècle, restèrent très populaires sous la Révolution. Les gardes nationaux venaient y chercher de la distraction et les débats politiques y fleurissaient.

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 1796, les Chouans vinrent piller les archives publiques de La Haye-Pesnel.

Pierre Allain du Tanu, secrétaire de la municipalité cantonale sauva ce qui put l’être.

Ce qui fut ainsi sauvé, fut emporté à Granville où la municipalité alla siéger quelques mois car les Chouans revinrent une seconde fois dans la nuit du 27 juillet 1799 et brûlèrent des papiers et des registres.

D'après E. Vivier R.A. Tome 19 page 118 (édition 1980)

 

Pierre François Alexandre ALLAIN est né le 8 mars 1770 à Le Tanu,

sa marraine est Marie Sapience Geslin, l'épouse du chirurgien Jean-François Anquetil  (voir article « ANQUETIL , une famille de chirurgiens »)

En 1796, au moment des faits, il est âgé de 25 ans,

il épousera Marie Magdeleine Cerisier, 1771-1854 à La Lande d'Airou

il deviendra Contrôleur des contributions directes à Avranches et décédera le 7 janvier 1848, Rue Quatre Oeufs à Avranches.

Il est le fils de Guillaume Jacques Thomas Allain, laboureur, 1721-1793 et Françoise Heutru 1728-1804, domiciliés à Le Tanu.

Ses frères seront des notables de la commune :

Thomas Alexis Allain 1757- ? , cultivateur et maire du Tanu en 1824

Guillaume François Allain 1776-1844, percepteur des contributions directes et maire du Tanu

Pierre Guillaume Allain 1755-1821, prêtre de la paroisse du Tanu en 1815

dans les récits suivants, on trouve d'autres descriptions des faits.

Léon de La Sicotière écrit dans son livre :

« Louis de Frotté et les insurrections normandes, 1793-1832 » La Sicotière, Léon de, 1812-1895 page 386,       
[…] Les chouans, comme nous l'avons vu, avaient envahi l'Avranchin. Ils infestaient les cantons d'Avranches, Villedieu, Tirepied, Ducei, la Haie-Pesnel, répandant partout la terreur et laissant çà et là des traces sanglantes de leur passage, à Fleuri notamment, où deux victimes périrent ; mais ils échouèrent dans une tentative sur Pontorson, et, le 15 janvier, le comte de Ruays ayant livré un combat près d'Avranches, y perdit une vingtaine d'hommes. Les chouans reprirent bientôt l'offensive. Dans la nuit du 24 au 25 janvier, ils entraient à la Haie-Pesnel, forçaient et pillaient la maison commune. Un gendarme, renfermé seul dans la caserne de gendarmerie, se défendit avec un courage héroïque et tua bon nombre d'assaillants avant de succomber lui-même. Le président de l'administration cantonale et le commissaire du pouvoir exécutif envoyaient leur démission, en conseillant de les remplacer par des fonctionnaires étrangers au pays, tant ils se sentaient abandonnés ou même menacés par la population ! On demandait de tous côtés des renforts qui n'arrivaient point. […]
  • Le comte René-François de Ruays, dit Gérard, ancien capitaine dans l'armée, était du pays Nantais. Ayant rejoint M. de Frotté, il reçut de lui en juillet 1795 le commandement des Royalistes armés dans les environs d'Avranches. […] Habile à recruter et à organiser sa troupe, il fit de sa légion la plus nombreuse de l'armée normande […] Une action importante eut lieu dans les environs d'Avranches entre deux corps d'un millier de combattants chacun.[…] Frotté et Ruays étaient présents et restèrent maîtres du convoi qu'escortaient les bleus. En revanche, le comte de Ruays perdit une vingtaine d'hommes dans une autre rencontre également près d'Avranches, le 15 janvier 1796. Cet échec ne l'empêcha pas de piller La Haye-Pesnel le 24, et d'effrayer les autorités cantonales au point qu'elles démissionnèrent, en se déclarant abandonnées et même menacées par la population. ...                (Revue de l'Avranchin - Tome X - 1900)
  • Après la pacification de 1800, M. de Ruays ne reparut plus en Normandie ; il survécut à la première Restauration.          (Extrait : Mémoire de Michelot Moulin – 1893)

 

arrêté du prix des denrées en 1793

arrêté du prix des denrées en 1793

Sources : Jean Pouessel  ,

Annales de Normandie « Aspects de la Chouannerie dans la Manche » Année 1989 39-3 pp. 245-264

[…] L'origine purement politique des soulèvements est difficilement acceptable compte tenu de la faible répercussion de la conjuration de La Rouairie et de l'absence de réaction violente à la chute de la monarchie, puis à l'exécution du roi. Les populations réagirent davantage lorsque la République eut besoin de soldats. En février 1793, la Convention décrétait la levée de 300 000 hommes, de 18 à 40 ans[…] L'autre conséquence importante des événements de mars 1793 fut l'amorce d'une source du recrutement chouan : les insoumis et les déserteurs, qui préféraient rejoindre les bandes chouannes plutôt que de partir combattre aux frontières.[…] Aucune ville de plus de 2 500 habitants ne tomba entre les mains des Chouans . Les conditions dans lesquelles s'effectuait l'occupation ne variaient guère. Les Chouans arrivaient en force : quelques dizaines (une quarantaine à Isigny, une cinquantaine à Brécey), parfois plus (une centaine à Tessy, 150 à La Haye-Pesnel, 150 à 200 à Ducey, 200 à Ger, 4 à 500 à Barenton). Ils opéraient le plus souvent en plein jour, quelquefois même tambour battant (au Teilleul en décembre 1795), surprenant une faible garnison ou quelques hommes de la Garde nationale. Ceux-ci n'opposaient en général qu'une faible résistance ou s'enfuyaient immédiatement. […] Une fois maîtres du terrain, les Chouans se répandaient dans le bourg, enfonçaient les portes de la maison commune, où ils détruisaient les papiers de l'administration, exception faite parfois des registres de l'état-civil. Ils enlevaient toutes les armes qu'ils trouvaient, ainsi que les munitions. […] L'Arbre de la Liberté était abattu, certains habitants pillés ou mis à contribution,[…] Lorsqu'ils n'étaient pas assassinés, les fonctionnaires se voyaient contraints à signer des lettres de démission. Les Chouans restaient souvent plusieurs heures, ne se retirant qu'à l'arrivée de renforts républicains, non sans parfois mettre le feu, comme au Teilleul.       Les principales victimes étaient bien sûr les fonctionnaires publics : commissaires du Directoire exécutif auprès des administrations municipales de cantons (ceux de La Haye-Pesnel et de Beaumont en avril 1797[…]) ; juges de paix ; receveurs de l'enregistrement. […]     Les Chouans punissaient également les parents laissant partir leurs fils aux armées […] Mais le fruit principal des vols étaient tout simplement l'argent. […]          Le fameux décret sur la levée des 300 000 hommes pour défendre le régime républicain en 1793 paraît bien marquer les débuts de la rébellion dans le Bocage.

Sources : Jean Pouessel , Annales de Normandie « Aspects de la Chouannerie dans la Manche » Année 1989 39-3 pp. 245-264

 

Pierre ALLAIN sauve, du saccage des Chouans, une partie des archives de La Haye-Pesnel

Revue de l'Avranchin, page 212, février 1893 ; Mme Jules Couraye Du Parc offre à la revue :

une cocarde tricolore que les paysannes de l'Avranchin mettaient à leur tête en 1793 lorsqu'elles venaient à la ville, afin de ne point passer pour suspectes.

Cocardes révolutionnaires à dr. : Vendeuse de cocardes, Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826), vers 1790 Musée Carnavalet, Paris

 

La cocarde tricolore de la Révolution française est un signe de ralliement qui à une période est même imposé. Avant elle, les révolutionnaires en portent une verte, les antirévolutionnaires une noire et les royalistes une blanche.  Son port est rendu obligatoire pour les hommes le 8 juillet 1792, pour les femmes le 21 septembre 1793. Le refus de porter la cocarde rend suspect la personne et peut lui valoir huit jours de prison. […] Après Thermidor, le port de la cocarde s'amenuise, même s'il est théoriquement obligatoire au moins jusqu'en 1796 »        sources : Wikipédia

Les Vendéens en Normandie dans les souvenirs d'un enfant

Né à Saint-Georges-de-Livoye (Manche) en 1784, Jean-Baptiste Desfeux avait neuf ans lorsque la Grande Armée catholique et royale poussa son ultime offensive dans l’Avranchin.
  • L'attaque de La Rochejaquelein sur Villedieu et le sacrifice des « vieillards » *

[…]    Pendant qu’un détachement de l’armée vendéenne marchait par Tirepied sur Brécey, un autre détachement plus fort se dirigeait sur Villedieu . À son approche, les hommes valides de cette ville n’étant pas en nombre suffisant pour opposer une résistance efficace, se retirèrent sur Coutances où se trouvait le général Sepher avec un corps d’armée. Il ne restait à Villedieu que des vieillards , qui osèrent se mettre en défense et leur disputer l’entrée de la ville. Leur résistance ne fut pas longue et tous succombèrent glorieusement, au nombre de 29 ; et sans les femmes, qui implorèrent miséricorde, les Vendéens auraient brûlé la ville. […]

Notes : Dépités par leur échec devant les murs de Granville, les Vendéens envoyèrent un détachement de cavaliers attaquer Villedieu-les-Poêles, en représailles du meurtre d’un de leurs officiers par des habitants de Beslon. Prise le 17 novembre, la ville était condamnée à une exécution militaire. Toutefois, une délégation de six femmes, trois royalistes et trois républicaines, persuada le général de La Rochejaquelein de limiter le pillage à deux heures et d’empêcher le massacre des habitants.   Quelques-uns ont pourtant été tués.

Notes : * L’auteur exagère quelque peu en décrivant les défenseurs de Villedieu comme des « vieillards ».  Le registre d’état civil de Beslon pour l’année 1793 renferme les actes de décès de dix de ces hommes, enregistrés au 8 décembre 1793 : Jean-Nicolas Le Soutivier, âgé de 37 ans, « décédé le dix sept novembre dernier ou vingt sept du mois brumaire, au combat de Villedieu » ; Denis Lecoursonnois, 29 ans, et son frère Louis-François (âge non précisé) ; Jacques Pichard, 27 ans ; Jean Pichard, 30 ans. Les autres noms des morts au combat de Villedieu ne portent pas d'indications d'âge : Guillaume Gastebled, cabaretier ; Jean-Baptiste Bouillot, père de famille ; Denis Gastebled, père de famille ; Gilles Laurent, père de famille ; et Gilles Manson, domestique                                  (A.D. 50, état civil de Beslon, 1793-An X, vues 25-26/253).

Si vous souhaitez lire l’intégralité des Anecdotes, souvenirs et faits historiques de la Première Révolution, principalement relatifs à la guerre civile et à la chouannerie dans les cantons de Brécey et Tirepied, par Jean-Baptiste Desfeux , voir lien suivant



 

La chouannerie normande est une insurrection contre la République qui, pendant près de sept ans, de l'automne 1793 au printemps 1800, de la rive gauche de la Seine aux marges du Perche, du Maine et de la Bretagne, et débordant à l'occasion, intéresse jusqu'à 10 000 hommes en 1799, même s'ils ne sont jamais mobilisés tous ensemble. Ces effectifs montrent l'importance du soulèvement, en particulier dans le bocage normand, les chefs Chouans se révélant incapables d'entretenir une révolte profonde et durable dans le reste de la Normandie[…]

Les bourgeois ont fait la Révolution avec l'aide d'une partie du peuple et l'ont confisquée à leur profit exclusif, ont racheté les biens du clergé et des nobles avec des assignats dépréciés; les fermiers et tenanciers n'ont fait que changer de maîtres, plus durs que les anciens[…]

En 1790, les prêtres qui refusent le serment civique quittent leurs presbytères, partent à l'étranger ou restent dans le pays et commencent une périlleuse vie clandestine, protégés par la population. Leur persécution double leur autorité car elle fait d'eux des martyrs. Des prêtres assermentés les remplacent mais, devant l'hostilité de la population, ils sont obligés de partir et ferment les églises, posant le problème de la déchristianisation[…]

L'armée Chouanne : le premier juin 1795, Frotté prend le commandement de ses troupes, environ 400 hommes dans la forêt de Saint-Jean-des-Bois […] il passe par Saint-Poix où le comte de Ruays se rallie avec une centaine de volontaires, […] mais il y a beaucoup de désertions, les réfractaires pensant que Frotté veut gagner la mer pour les embarquer en Angleterre. Fin juin 1796, six mille hommes aguerris et assez bien armés suivent Frotté dont le nom a dépassé la province […]       Sources : Wikipédia

Louis de Frotté
aventurier au grand cœur ou héros romantique, fut le chef de la chouannerie normande.

Extrait Patrimoine Normand N°77
Par Ange Leclerc-Kéroullé ,
voir le lien suivant :

Louis de Frotté par Louis Bouteiller, 1822

Les armes de Louis de Frotté : sa carabine à crosse et le sabre d'honneur que lui avait offert le Comte d'Artois, futur Charles X  (description et photo : Patrimoine Normand)

Armes et documents de Louis de Frotté, exposés de nos jours au château de Couterne.

Chiffre utilisé par Louis de Frotté pour décoder des messages. Ce chiffre fut décodé par les Républicains, raison pour laquelle il a été conservé (Musée de la Chouannerie, Plouharnel).

Chiffre utilisé par Louis de Frotté pour décoder des messages. Ce chiffre fut décodé par les Républicains, raison pour laquelle il a été conservé (Musée de la Chouannerie, Plouharnel).

Jean-Jacques de La Huppe de Larturière, dit Bellavidès, né le 26 septembre 1773 à Avranches,  mort le 7 octobre 1865 au Petit-Celland, est un chef chouan normand dans l'Armée catholique et royale de Normandie pendant la Révolution française.

Bellavidès sera l'un des chefs de la chouannerie normande les plus populaires du sud de la Manche. Sa bonhomie autant que sa brutalité lui valent l'attachement des masses paysannes. En 1795 et 1796, il est chef du canton d'Avranches dans l'Armée catholique et royale de Normandie commandée par Louis de Frotté.

Sa célébrité grandit encore en 1797 quand il tombe entre les mains des « patauds ». Enfermé à Fort-Colin, à Coutances, et promis à une exécution rapide, Bellavidès réussit à séduire la belle-fille du gardien de la prison qui l'aide à s'évader. Il arrive à se cacher dans une ferme de Saint-Pair et à échapper à toutes les recherches des républicains.

Il est trois fois condamné à mort, mais il réussit toujours à s’évader.

Sous la seconde Restauration, il devient maire de Brécey de 1818 à 1824. Il reçoit le titre de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis en novembre 1824. Il passe sa vieillesse dans son manoir de La Doittée au Petit-Celland, réputé pour sa piété et son grand souci des pauvres, il s'éteint à 93 ans. Il est inhumé dans le cimetière du Petit-Celland.   Sources : Wikipédia

Un photographe fixera sur une plaque de verre l'unique portrait de Jean-Jacques de La Huppe de Larturière vers la fin de sa vie

Napoléon et la Normandie .    Quelques mois après son coup d’État, Bonaparte met fin à la chouannerie en Normandie.

À Alençon, il tend un guet-apens au chef des chouans le comte de Frotté. Alors que celui-ci vient négocier une pacification, il est traîtreusement capturé puis fusillé le 18 février 1800. La chouannerie ne se relèvera jamais de la perte de son chef.     Sources : Wikipédia

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