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le tanu-noirpalu de raymond

histoire de la commune de Le Tanu et Noirpalu, département de la Manche

les godillots de Folligny

comment récupérer la bonne paire ?  sous l'oeil d'un gendarme complaisant ou pas ?

comment récupérer la bonne paire ? sous l'oeil d'un gendarme complaisant ou pas ?

l’occupation allemande,

Le 17 juin 1940, vers 15 h, mitraillage d’un train par les avions allemands sur la ligne de chemin de fer entre le passage à niveau PN68 et le pont de Logerie, peu de temps avant le bombardement de la gare de Folligny qui fut détruite à 100 %, et qui provoqua l’explosion d’un train de munitions, l’effondrement de la passerelle et la destruction du quartier.

Là où se trouvaient des trains de marchandises bourrés d’équipements civils et militaires, notamment des wagons entiers de chaussures militaires,

(longtemps appelés les « godillots de Folligny ») qui nous permirent de nous chausser à bon marché, pour la durée de la guerre, mais hélas où plusieurs cheminots et civils trouvèrent la mort, tant ce bombardement était inattendu,

texte R, Martin

 

 

En France, un godillot est un terme familier mais vieilli pour désigner une grosse chaussure.

Avant la Seconde Guerre mondiale, il désignait une chaussure militaire du nom d'un fabricant et fournisseur de l'armée française, Alexis Godillot (1816-1893), associé à Heilbronner,

source Wikipédia

 

les godillots de Folligny
les godillots de Folligny
les godillots de Folligny
les godillots de Folligny

 

extraits du livre de Bernard Cléraux

Le bombardement de Folligny

Ce 17 juin 1940 l'aviation Allemande pouvait en rentrant à sa base

signaler que l'objectif était atteint car il ne restait plus rien de cet

important nœud ferroviaire de l'époque, carrefour des lignes Paris

Granville, Cherbourg Caen et la Bretagne.

Combien de bombes furent larguées ? Il semblerait que le chiffre

soit d'environ deux cents maximum. Il était environ 13 heures lorsque

l'avion de reconnaissance qui avait mitraillé le train au Tanu passa sur la gare.

Moins de deux heures s'écoulèrent avant l'arrivée des bombardiers.

C'est du côté de la gare des voyageurs et du dépôt de

locomotives que commença l'œuvre destructrice. Une petite accalmie

s'était passée lorsqu'à nouveau le côté gare des marchandises fut attaqué.

C'est à cet épisode que les bombes atteignirent les wagons de munitions

dont un ou deux wagons étaient chargés de cheddite (puissant explosif

employé pour faire sauter les ponts et autres ouvrages stratégiques).

Nous avons recherché la composition de cet explosif si destructeur.

La base est le chlorate de potassium en mélange avec de l'huile de ricin,

d'hydrocarbures nitrés, de Mélinite et de Tolite.

Les témoins se souviennent de l'explosion. Le ciel devint tout noir

de fumée et de poussière, on se serait crû en pleine nuit alors qu'il faisait

ce jour là un beau soleil. Le souffle avait une puissance inouïe, renversant

une locomotive, projetant très loin à la ronde des morceaux de tôle et

d'acier. C'est ainsi qu'un morceau de rail pesant 85 kilos fut retrouvé au

manoir à environ 700 mètres de la gare.

Au moulin de Folligny à 1,5 kilomètres, un autre bout de rail pesant 50 Kilos était tombé.

Couchée dans le pied d'un talus, la famille Leménager vit passer au dessus d'elle

la moitié d'un wagon qui retomba dans le champ.

La déflagration fit l'effet d'un mini tremblement de terre. L'onde de

choc déplaça même des cloisons, à la Haye Pesnel, dans les maisons

bordant le champ de foire.

A la Lucerne d'outremer de nombreux carreaux furent cassés et des fenêtres s'étaient ouvertes.

A Sartilly il a été signalé aussi des carreaux cassés. Des papiers

brûlés tombaient sur Subligny.

A l'emplacement des wagons d'explosifs, un immense cratère subsistait ayant environ 100 mètres de long,

40 mètres de large et 7 à 8 mètres de profondeur.

La gare était en quelques instants devenue un inextricable chaos de ferraille et de béton.

Des pans de la passerelle en béton armé regardaient vers le ciel.

 

Les souliers de Folligny

A des dizaines de kìtomëtres à la ronde toute la région a connu

l'histoire de ces souliers militaires cloutés répandus partout dans la gare

et même aux alentours. Il y en avait suspendus dans les fils téléphoniques

cassés et enchevêtrés. Des wagons étaient éventrés et leur contenu soufflé

un peu partout. Mais les autres avaient peu ou pas souffert. Les

chaussures étaient par paquet de dix paires. Elles avaient été fabriquées

chez Parenteau et Cie aux Herbiers en Vendée. Certaines venaient

d'Arpagon et probablement d'autres lieux vu la quantité se trouvant là.

La terre retournée en avait absorbé une certaine quantité. Des centaines

furent brûlées. Une épaisse couche de clous subsistait à l'endroit des

wagons incendiés (1).

Le pillage de Folligny

Le bruit de tout ce ravitaillement étalé devant la gare et aux

alentours se fit comme une traînée de poudre sur des kilomètres à la

ronde. De partout l'on venait chercher chaussure à son pied, en vélo, en

voiture à cheval et en auto. Nombreux furent ceux qui ne faisaient qu'un

voyage. Mais certains avaient trouvé le filon à exploiter et s'intéressèrent

non seulement à la gare mais aussi aux maisons sinistrées.

Dans l'un des bistrots, une barrique de vin prise sous les décombres

ne put être enlevée par le propriétaire venu récupérer ce qu'il pouvait de

son établissement. Le lendemain il eut la surprise de voir que la barrique

inaccessible était partie. Les habitants de Folligny étaient excédés de

voir un tel sans gène et se mobilisèrent par petits groupes pour contrôler

les pillards qui parfois partaient à travers champs. Reste en mémoire un

chercheur de souliers qui avait laissé sur place les siens usagés, mais

s'était chaussé de deux brodequins du même pied.

(1) E. Rosselin

Wagons renversés et calcinés, roues de wagon détachées et partout des

chaussures militaires. Des fouilleurs et cet homme dévisagent l'horrible spectacle.

Il nous a été aussi signalé la mort d'un homme explorant les

décombres, tué par un projectile abandonné. Mais nous n'avons pas connu

son identité. Dans les jours et les semaines suivantes plusieurs

cultivateurs trouvèrent dans leurs champs des paquets de chaussures

cachés sur les talus. Le chargement étant trop important, les resquilleurs

pensaient revenir chercher le butin. La gendarmerie française mit en place

plus tard un contrôle. Avec l'arrivée des troupes allemandes, il fut mis

un terme à ce pillage et à tous les vols.

La ville d'Avranches en avait collecté à la gare de Folligny pour

éventuellement servir aux prisonniers. Cette réserve était cachée au

théâtre, mais l'occupant réquisitionna les locaux et par la même les

chaussures.

les godillots de Folligny
les godillots de Folligny
« On en vint à poursuivre des instituteurs sous de fallacieux prétextes de " droit commun ", ainsi Bretagne, de Virey, poursuivi pour avoir pris deux paires de chaussures lors du bombardement de Folligny. Par contre, des personnes en ayant ramené à pleins tombereaux pour les vendre les années suivantes ne furent pas inquiétées. »
Extrait de témoignages: la résistance dans le bocage  http://beaucoudray.free.fr/bocage.htm

voir lien suivant : http://beaucoudray.free.fr/bocage.htm

Au tribunal correctionnel

Certains voleurs se retrouvèrent quelques mois plus tard au tribunal correctionnel d' Avranches.

Soixante dix prévenus prirent pIace au banc des accusés, mais les condamnations furent légères du fait que les inculpés avaient une situation sociale ou politique.

Et puis ce qui était récupéré par les Français n'était pas tombé dans les mains de l'ennemi.

 

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