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le tanu de raymond

le tanu de raymond

histoire de la commune de Le Tanu , département de la Manche

Les réfugiés de la région de Saint-Lô sur la commune, en juillet 1944

Réfugiés, Saint-Pois. 10/08/44 = [Dans la cour de l'école, une femme et une fillette se reposent au milieu de bicyclettes et de balluchons]

Réfugiés, Saint-Pois. 10/08/44 = [Dans la cour de l'école, une femme et une fillette se reposent au milieu de bicyclettes et de balluchons]

plusieurs familles de Sainte Croix de Saint-Lô, de La Barre de Semilly arrivent à la Vesvalière, au début de Juillet pour en repartir vers la mi-août après le passage des américains,

au bourg : des familles de Baudre, de Sainteny,

au Fougeray : des familles de Périers, de Saint Sébastien de Raids

 

Le ravitaillement ( pendant cette période difficile),

la ration journalière de pain est extrêmement maigre et quel pain, mais dans la commune quelques anciens fours sont remis en fonction,

le meunier moud clandestinement la nuit et arrive à dépanner tous ceux qui peuvent lui apporter du blé et tous ces réfugiés qui arrivent avec, dans leurs voitures, quelques sacs de farine ou de blé sont heureux de pouvoir faire du pain,

Mais les contrôles deviennent plus stricts et des agents du rationnement, notamment un certain contrôleur des contributions indirectes accompagné d’un gendarme (qui n’est pas resté longtemps à La Haye Pesnel) , s’offrent la fantaisie de venir sceller les fours,

ils doivent y renoncer car certains ne seront scellés que quelques minutes et remis en action sous bonne garde,

Raymond Martin

 

ordre de réquisition pour l'accueil des réfugiés

ordre de réquisition pour l'accueil des réfugiés

France. 24 july 1944 = [Un centre d'accueil pour les réfugiés : un père et ses quatre enfants] Sainte Marguerite d’Elle

France. 24 july 1944 = [Un centre d'accueil pour les réfugiés : un père et ses quatre enfants] Sainte Marguerite d’Elle

L'Exode ( extrait d’un livre, pages 67 à 72, auteur inconnu, document sans indication, recherche information sur l'auteur, probablement de Baudre )

Les réfugiés de Saint-Lô et des environs avaient

petit à petit quitté Baudre pour s’éloigner vers le Sud

ou vers l'Ouest cherchant un abri plus sûr.

Au début de juillet, les habitants de Baudre restés

seuls dans leurs fermes et leurs maisons, s'attendaient

à devoir partir car la zone des combats se rapprochait.

Le 7 juillet quelques-uns s’en allèrent, mais c'est le

9 juillet que, sur l'ordre de la Feldgendarmerie,

l' évacuation systématique se produisit.

Il fallut alors rapidement charger dans un véhicule,

le plus souvent des « bannes» ou des carrioles,

le nécessaire à une vie errante. D'une manière générale on

pensa aux provisions, au couchage (matelas ou lit de

plume), au linge et aux objets précieux.

Avec un ordre de réquisition délivré le jour même

par les services de la Préfecture séjournant encore à

Baudre, les petits convois de véhicules se regroupe-

ment aux abords du pont de Gourfaleur, pour prendre

la route de Tessy. Après un premier séjour de quel-

ques heures dans un centre de regroupement : à Saint-

Romphaire, chaque groupe poursuivit sa route

quelquefois accompagné de soldats allemands.

Les troupes allemandes profitèrent d’ailleurs des colonnes

de réfugiés pour abriter leurs tanks des attaques aériennes alliées.

Mais revenons au moment du départ. Chacun avait

pris les objets essentiels pour vivre quelques jours en

attendant d'être arrivé dans la commune de repli.

Dans la précipitation du départ, tout cela paraissait très

normal. Vingt-cinq ans après, M. Feuillet se souvient

des trois quintaux de blé qu’il emporta en abandonnant

au bourg le linge familial qui aurait été très utile par la suite.

c’est probablement Paul Enguerrand qui partit

avec l’approvisionnement le plus complet : trois quintaux

de farine, des volailles, le pot à lard, des jambons

fumés et pour les «coups durs ››, un petit baril de calvados.

Il n’alla pas plus loin que Montabot.

De Fumichon, les familles Herbert, Butet et Feuillet

se dirigèrent vers Le Tanu; les Leconte vers Bréhal

et les Lebel vers Bricqueville.

Les familles Thiébot, Nouet, Loisel, Hébert se réfu-

gièrent à La Lande d’Airou; la famille Montagne à

Bourguenolles.

La famille Aubril s'en alla à La Mouche, Mme Aubril

emportant sa machine à coudre, dont elle ne voulut à

aucun prix se séparer; la famille Demortreux partit avec eux,

 

Le meunier, Jules Hélaine, se dirigea vers Poilley;

son voisin Roger Nouet vers Coulouvray-Boisbenastre.

D'autres encore se réfugièrent dans les régions de

Saint-Denis-le-Gast et Percy, comme la famille Lepage.

La famille Marie, de la Bedellerie, prit la route avec

quatre vaches. Elle alla jusqu'en Mayenne et revint

avec son petit cheptel intact. La famille Cirou se réfu-

gia à Beauvoir. Mme Legraverend, ses enfants et Mme

Perrin allèrent jusque dans les Deux-Sèvres grâce à

un relais de voitures à cheval réquisitionnées par les

maires des communes traversées.

Le maire, M. Blouet, réalisa un véritable exploit en

parcourant en voiture à cheval le trajet de Baudre

à Mortagne-en-Perche en trois jours. Il allait rejoindre

son gendre, blessé dans un bombardement, en passant

dans les itinéraires des convois américains, malgré les

interdictions de ces derniers.

Dans cet exode, les bombardements par obus, les

mitraillages étaient les dangers quotidiens. La Famille

Lamy de Fumichon trouva la mort en passant à Villebaudon.

Les émotions furent parfois assez fortes au moment

des derniers contacts entre les troupes de choc amé-

ricaines et les Allemands. Chacun garde en soi le souvenir

de craintes ou d'angoisses qui paraissent maintenant

bien lointaines et comme un peu irréelles. Et pourtant !

Le premier à revenir fut Eugène Leconte qui était

de retour à la Haranguerie, le lundi 24 juillet alors que

les combats dans le secteur de la route de Saint-Jean

des Baisants cessaient à peine.

Les Américains furent un peu étonnés de le voir

traverser Saint-Lô et il y avait de quoi puisque les der-

niers Saint-Lois restés dans la ville ne purent la

quitter que le 25 (1).

L'artillerie américaine installée dans le champ de course

et à Cotigny tirait encore en direction de Torigni.

Joseph Aubril revint vers le 2 août à vélo, avec le fils

Demortreux. Torigni n’était pas encore libéré.

Le jeune Pierre Montagne rentra lui aussi à vélo le 7 août.

A partir du 9 et jusqu’au 15, chaque jour vit une famille

de retour dans sa maison plus ou moins pillée.

Rentré au moulin le 14 août, Jules Hélaine devait

dès le lendemain évacuer à nouveau sa maison sur ordre

des Américains. C'est en effet ce jour-là, vers

midi, que le ruisseau de Fumichon devint soudaine-

ment un brasier menaçant, noyé qu'il était d'essence

fuyant des pipe-lines.

Ce second exode, qui dura quinze jours se passa au

village des Barrières qui domine le moulin. Cette

essence que pendant de nombreux jours on put puiserà la

casserole dans les trous des prés, fut une providence

pour beaucoup.

A peine rentrés, les fermiers se mirent en devoir

de faucher le loin qu'on n’avait pu faire, et pour cause,

au mois de juin. Mauvais foin mais nécessaire. Il fallut

aussi reconstituer petit à petit un cheptel égaré un peu partout,

lorsqu’il n’était pas décimé. Le grain à son tour fut moissonné.

La vie reprenait son cours.

Il n’est pas inutile d'ajouter que si cet ouvrage a pu

être écrit, c’est grâce à la précaution prise par le maire

et la secrétaire de mairie qui enfouirent sous un hangar

les archives communales avant de partir et les

sauvèrent ainsi d'une destruction certaine.

 

(1) récit de Georges Menant, Saint-Lo au Bûcher, M,Lantier

Les réfugiés de la région de Saint-Lô sur la commune, en juillet 1944

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