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le tanu de raymond

le tanu de raymond

histoire de la commune de Le Tanu , département de la Manche

un notaire en 1684

un notaire en 1684

« Marie Frémond, fille d’un notaire résidant au Tanu apporta comme dot à son mariage

6 vaches qui étaient en loyer chez des cultivateurs du voisinage (valeur estimée 90 l, ) »

Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles

E, Vivier   mai 1953 , page 157

ce qui veut dire qu’il y avait un notaire à cette époque au Tanu,

que la pratique de la mise en métairie des vaches existait en ce temps-là.

extrait page 157

Enfin, et c'est là un détail important, presque toutes

les paysannes de l'Avranchin recevaient aussi en don

mobil quelques têtes de bétail.

Les moins fortunées n'avaient que deux, trois ou quatre brebis,

ou bien une seule vache ; les plus aisées avaient vaches et brebis :

2 ou 3 vaches avec une ou deux génisses, ainsi que 4, 6 et même

12 brebis. Si le nombre des brebis égalait ou dépassait la demi-douzaine,

il y avait toujours en plus un mouton.

Ce n'est que très exceptionnellement qu'il est fait mention de

l'apport d'une jument, d'une coche, ou d'essaims d'abeilles.

Cet élément du don mobil était si apprécié que des filles vivant à

la campagne mais qu'on ne pouvait, en raison de la situation de leur

père, considérer comme de vraies paysannes, ne le négligeaient pas.

Ainsi en 1684, Marie Frémond, fille d'un notaire résidant au Tanu,

apporta à son futur mari : 6 vaches (lesquelles étaient en loyer, c'est à

dire herbagées chez des cultivateurs du voisinage) et 12 brebis ; la

valeur de ces 6 vaches était estimée à 90 l. et celle des 12 brebis à 18 l,

extrait page 154

le don mobil :

La Coutume de Normandie définit ainsi le don mobil :

tout ce que la femme en se mariant apporte à son

mari soit en argent, en meubles ou en fonds

d'héritages.

Or nous venons de voir que la future recevait soit des fonds,

soit de l'argent à titre de don hérédital. Bien que de même nature,

ces deux apports ne doivent pas et ne sont pas confondus car à la

différence du don hérédital, le don mobil reste la propriété du mari

si sa femme décède avant lui, tandis qu'il doit restituer l'autre don

s'il n'a pas d'enfants.

La somme attribuée à une fille à titre de don mobil est toujours

inférieure à celle qui lui est reconnue à litre de don hérédital. Elle

peut avoir plusieurs provenances : à ce qui est donné par les personnes

qui la marient (père, mère, ou frères) peut s'ajouter des sommes

offertes par d'autres parents : aïeuls, oncles, tantes... ou par des amis':

seigneurs, maîtres... ou encore ce que la fille a elle-même économisé

« par son bon ménage ».

Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles
Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles

Annales de Normandie, les pactions de mariages des paysannes de l’Avranchin aux 17e et 18e siecles

extrait page 161

en résumé, il ressort de l'analyse de ces pactions que dans l'Avranchin

un certain nombre de paysans étaient parvenus aux XVIIe et

XVIIIe siècles à jouir d'une aisance relative qui leur permettait de doter

convenablement leurs filles.

S'ils n'avaient guère de disponibilités en argent liquide pour

constituer le don hérédital, ils fournissaient, en don mobil, les meubles

essentiels, un bon troupeau et un cheptel suffisant pour aider les

futurs époux à s'établir.

Ils étaient plus raisonnables que cette bourgeoise de Granville,

la veuve Leboucher qui, en 1696, mariant sa fille avec un laboureur

de St-Ursin, Thomas Yvon, frère de son fermier, ne lui octroyait en

don hérédital que 7 l. 10 s. de rente, mais lui fournissait, entre autres

choses, en don mobil : un lit garni avec « couverture de Toulouse »,

tour de « tapisserie relevée de soie » ; un grand coffre « en bois de

cyprès » ; un autre en « sapin » ; deux habits rouges, l'un en serge,

l'autre en « lismettre, de la plus chère qu'on pourra trouver à Granville...»

Une comparaison entre les pactions de paysannes et celles des

bourgeoises ou des filles issues de la noblesse serait, croyons-nous,

nécessaire pour donner à notre exposé sa juste valeur. Peut-être

essaierons-nous de l'entreprendre à l'aide d'autres collections

d'archives notariales de la même région.

E, VIVIER   mai 1953

un notaire en 1684

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